Tampon en pierre calcaire pour le pain béni, VIIe siècle
Tampon en pierre calcaire pour le pain béni, VIIe siècle
Période Byzantine

Source : Musée d’Art Cycladique d'Athènes

Marques à pain (dont une plaque de cuisson), 2021
Marques à pain (dont une plaque de cuisson), 2021
Sélection réalisée par les habitants et les voisins de La Ferme du Rutin en Allier,

lors de ma résidence d’artiste du 9 au 28 avril 2021 au sein de l’association Polymorphe Corp.

Merci à Elie, Floris, Elsa, Ariane, Adrien, Léo, Bony, Gabrielle, Johanna, Lucille, Léo, Martine et Sophie.

Entretien vidéo de fin de résidence : https://vimeo.com/572601347

Tout a commencé en voyant ce tampon à pain béni en pierre calcaire au musée d’Art Cycladique d’Athènes. Cette marque pour la prosfore, ce pain orthodoxe.

 

En France, la marque servait à contrôler la production de farine et le poids du pain. De plus, elle permettait de se souvenir de la farine employée pour le pain et de reconnaitre ceux produits par chaque famille, les fours étant communs.

La documentation au sujet des marques - en majorité fabriquées en bois -, explicite les raisons de leur emploi seules mais non de leur fonctionnement. Quel type de marque pour quel pain ? Quelle farine pour quel pain d’ailleurs ? La farine employée influe sur le pain, comme le type de cuisson. Comme en céramique, un four électrique ne produit pas le même comportement sur la pâte qu’un four à gaz ou encore à bois.

Il s’agissait donc de tenter de comprendre le fonctionnement de ces objets. Avec l’aide des habitants et des voisins de la ferme du Rutin en Allier, nous avons récolté une argile locale, l’avons nettoyée, façonnée et gravée afin de fabriquer les marques qui tamponneront nos pains.

Nous les avons ensuite cuites, après séchage, dans un four papier que nous avons fabriqué. Un four éphémère pour cuire de la céramique et dont la température, lors de la cuisson, avoisinait les 930°C.

La dernière étape consistait donc à apprendre à faire du pain au levain avec une farine locale fabriquée à Villatte près de Hérisson, en Allier. Apprendre à fabriquer le pain et à le marquer.

Pour plus de résultats nous avons décidé de laisser la marque posée sur le pain lors de la cuisson. Cela a permis de voir quelles formes et quelles dimensions - donc quels poids - fonctionnent le mieux.

Rien n’est terminé, tout est encore en cours. Le marquage du pain a disparu pour des raisons techniques, sociétales et patrimoniales. Ceci dit, le rite lui-même, le geste, a disparu sans raison à mes yeux. L’objectif du projet était donc également d’apprécier ce que le marquage pouvait apporter au sein d’une communauté. Quelles histoires ? Quel ciel ? Quelles appropriations ?

Pour comprendre l’objet il faut continuer à en fabriquer. En bois, en céramique, en pierre, en un matériau qui donnerait du sens à nos pratiques individuelles et collectives. Le bois des estives, l’argile des paysans de vallée, la pierre des montagnes. Le matériau employé - le bois - était contextuel, en un monde où le pâturage d’alpage offrait du temps pour fabriquer au cours de la chaume. Marques à pain, moules et tapes à beurre évoluèrent d’ailleurs en parallèle.

 

Il nous faut à nouveau trouver une raison aux choses.

Fabrication d’un four papier, 2021
Pour cuire les marques à pain réalisées par les habitants et les voisins de La Ferme du Rutin en Allier,

lors de ma résidence d’artiste du 9 au 28 avril 2021 au sein de l’association Polymorphe Corp.

Crédits photographiques : Lucille Séguier et Bony Chatagnon

Pains marqués, 2021
Pains marqués, 2021
Pain marqués avec les tampons de Lucille et Sophie.
Nous avons cuit le troisième pain directement sur la plaque de cuisson gravée par Johanna.

Crédits photographiques : Lucille Séguier

Pain marqué, 2021
Pain marqué, 2021
Pain marqué, 2021
Pain marqué, 2021

Pain de Gabrielle marqué avec le tampon qu’elle a gravé avec l’initiale de sa fille.

Crédits photographiques : Gabrielle Bianco